Passons nos clous (avril-mai 1931)

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Marcel Villeminot est l’auteur de la pièce Passons nos clous qui a été jouée à quatre reprises (entre le 28 avril et le 2 mai 1931), au domicile même de ses parents, un hôtel particulier situé au 39 avenue de Breteuil.

Revue en 3 actes, cette pièce a été interprétée par Andrée Fanet (André), Jacqueline Gravereaux (Fanet), Micheline Kopf et Christiane Lebreton, François Ballu, Daniel Borromée, André Gache, Claude Gravereaux, Marcel Villeminot et Bernard Zehrfuss.

L’accompagnement au piano – et peut-être la musique elle-même – était dû à Louise Thuillier (Leloir), la belle-sœur de Jules Gravereaux. Celle-ci avait étudié au Conservatoire de musique, où elle avait obtenu un 1er prix de piano et un 1er prix de solfège, avant de faire carrière à la Gaîté-Lyrique et à l’Opéra-Comique.

Les décors ont été réalisés par Bernard Zehrfuss et Claude Gravereaux; les illustrations du livret sont dues à Jacques Borromée et les photographies à René Ballu.

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De gauche à droite :
Claude Gravereaux, Bernard Zehrfuss, André Gache,
François Ballu,
Marcel Villeminot

 

 

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      André Gache, Micheline Kopf                Christiane Lebreton, Marcel Villeminot

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François Ballu, Daniel Borromée                 Christiane Lebreton, Micheline Kopf

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Marcel Villeminot, Jacqueline Gravereaux, Christiane Lebreton

 

 

 

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Claude Gravereaux, Christiane Lebreton, Micheline Kopf, Andrée Fanet (?)

 

 

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Le texte de cette pièce a ensuite été imprimée et distribuée dans la famille avec le prologue suivant :

JUILLET 1931

Voici notre Revue imprimée et reliée, voici le plus vivant souvenir que nous puissions garder de « PASSONS NOS CLOUS ».

Certes nous ne l’aurions pas oubliée et bien souvent encore nous fredonnons nos couplets, mais petit à petit les paroles se retrouvent plus difficilement. Le temps veut se jouer de nous. Avec ce livre il ne le pourra plus.

Avec ce texte, en le relisant parfois, nous revivrons les répétitions, nous reverrons ma tante Louise à son poste derrière le piano, Marie-Thérèse dans son trou; nous reverrons Ballu ne voulant pas monter sur la scène, Claude ne sachant pas ses couplets, André se frottant les mains, nous reverrons Marcel rageant et tapant du pied.

Avec ces photographies nous revivrons les jours de premières, nous nous rappellerons les éclats de rire et les applaudissements. Nous revivrons les émotions que nous avons eues : Monsieur SAINT-GEORGES-de-BOUHELIER est dans la salle, Monsieur Fernand GREGH est là ! Que vont-ils dire et penser ? Le premier disait à la répétition générale : « C’est frais, c’est jeune, c’est charmant, c’est épatant; il doit être ravi de ses interprètes, il m’a fait passer une très bonne soirée ». Le deuxième ajoutait le jour de la première « La revue est épatante, il a des interprètes inespérés, j’aime beaucoup la scène du cinéma parlant, cela mériterait d’être imprimé. »

Puis, ils partirent tous. Le cadre d’argent resta vide. La rampe s’éteignit. Les toiles grises furent décrochées, le papier d’argent décloué, les montants défaits. Le salon de l’avenue de Breteuil redevint un salon.

Nous ne reverrons plus notre petite scène, ces décors, ces costumes. Nous ne reverrons plus nos figures peintes se dessiner sur la glace du salon en face de nous. Le souvenir à son tour s’estompera, tout s’oubliera, tout s’effacera. Ce livre pourtant sera là. Nous l’ouvrirons souvent, et, quand nous serons vieux, nous tournerons encore des pages jaunies, nous regarderons encore à travers de grosses lunettes ces photographies où s’épanouissent toute notre jeunesse et toute notre joie. De nos voix tremblantes nous fredonnerons encore « Pardon Mamzelle » et « ah dites moi », nos yeux alors se mouilleront tandis qu’un pauvre sourire illuminera notre face. Nous penserons : « Et dire que nous avons vécu ces minutes-là ! Nous repenserons aux amis, à ce qu’ils sont devenus – Celui-là, nous ne l’avons pas revu depuis longtemps, qu’est-il devenu ? Et cet autre, il est justement à mes côtés.

Aimons ce livre. Soyons heureux d’avoir pu animer ce texte, d’avoir chanté ces couplets. Et puisque souvent les souvenirs sont tristes, ajoutons à ceux-ci beaucoup de douceur. Ce livre c’est une année de notre jeunesse, c’est le témoin de notre amitié à tous, de notre accord parfait.

Ce livre c’est le témoin de notre activité. Nous l’avons créé page par page, ligne par ligne, et pour nous, ces mots fades et incolores sont des éclats de rire. Ce livre enfin c’est un peu de moi-même et de mon enthousiasme. Cette revue a jailli comme un éclair. À peine commença-t-elle à poindre que l’éclair était éteint, le coup de tonnerre ce fut vous, vous, et combien il fut grand et retentissant pour le tout petit éclair. Avec ce livre nous ne pourrons avoir que la photographie de cet éclair si rapide et si difficile à fixer sur un cliché. Souhaitons qu’il fasse gronder encore un peu le tonnerre dans nos cœurs et qu’il fasse jaillir souvent devant nos yeux le titre évocateur de « PASSONS NOS CLOUS ».