1902 – Catalogue

Les roses cultivées à L’Haÿ en 1902. Essai de classement [par J. Gravereaux].
Avant-propos de André Theuriet,… [Texte imprimé] : Paris, J. Rousset, 1902. In-8 °, 232 p., fig., pl. en noir et en coul. et plan.

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« Il n’est pas un amateur de Roses qui ne connaisse, du moins de nom, la merveilleuse Roseraie qu’un amateur très distingué, M. Gravereaux, a installée à, l’Hay, près Bourg-la-Reine. Là, il a su réunir, au prix des plus grands sacrifices, de travail, de temps et d’argent environ 6.800 rosiers de tous les genres, types et variétés, classés et étiquetés méthodiquement.

1902 RdlH - Catalogue c1_wpIl ne suffisait pas à M. Gravereaux d’avoir créé une Roseraie modèle, il a tenu à ce que le fruit de ses études ne fut pas perdu pour ceux qui ont le culte de la Reine des fleurs et ne peuvent venir sur place, l’admirer et l’étudier. Dans un premier catalogue, forcément incomplet, paru en 1900, il a décrit le résultat de ses premiers travaux sur 4.500 variétés.

Dans une nouvelle édition, qui vient de paraître, ayant pour guide dans son classement un rosiériste de mérite, M. Crépin, directeur du jardin botanique de Bruxelles, -et pour collaborateurs des maîtres, en l’art rosicole, M.M. D. Bois et Gérome, du Muséum de Paris, Cochet-Cochet de Coubert, M. de Vilmorin etc., M. Gravereaux a classé par section, par groupes, par genres, par espèces, par variétés tout ce que sa roseraie, qui s’est de beaucoup enrichie, contient de merveilles tant comme collection botanique que comme collection horticole et dont le nombre atteint 6.800 variétés; chaque genre est décrit botaniquement avec un soin et une minutie hors ligne; et chaque variété porte outre la description de son coloris, le nom de son obtenteur et la date de sa mise au commerce.

Avec le plan et la vue d’ensemble nous trouvons dans cet ouvrage, de nombreuses gravures en couleur et en noir, qui viennent l’agrémenter et en faire un ouvrage de luxe et d’instruction qui sera consulté avec fruit par tous les amateurs et cultivateurs de roses. Cette œuvre restera comme un document inséparable de l’histoire de la Reine des fleurs. »

Lucien Chauré. Le moniteur d’horticulture. 25 mai 1902.


Avant-propos du livre Les Roses cultivées à L’Haÿ en 1902

Cette roseraie, dont le propriétaire et le créateur, — M. Gravereaux, — raconte ici l’histoire illustrée, cette roseraie est une des merveilles de la banlieue parisienne. Enfouie dans les antiques frondaisons d’un grand parc dont les murs bordent la route de L’Hay, elle ressemble à l’admirable princesse du conte de la Belle au bois dormant. Il faut franchir une épaisse ceinture de verdoyantes futaies pour pénétrer jusqu’au domaine où elle repose dans sa prestigieuse beauté. Mais aussi, lorsqu’on a percé les fourrés pleins d’ombre, traversé les pelouses encloses dans les taillis, et qu’on arrive au seuil du plateau ensoleillé, quel enchantement !

1902 RdlH - Catalogue p109A_wpLa généreuse floraison des roses étale ses chatoyantes couleurs au ras du sol; elle s’élance en guirlandes, en arcades et en portiques le long des armatures de fer; elle décore à perte de vue la voûte des spacieuses et profondes tonnelles. Toutes les blancheurs s’y épanouissent depuis la molle neige des Banks jusqu’à la pâleur carnée des Souvenirs de La Malmaison; tous les jaunes aussi : les nuances saumonées des Gloires de Dijon, les pétales soufrés du Maréchal Niel, le safran foncé des Rêves d’or, l’or mat des Chromatelles. Le rose tendre et chif­fonné de la France y voisine avec le rouge cramoisi de la Gloire de Bourg-la-Reine, le rouge cerise des Marie-Henriette, le rose vif de la Coupe d’Hébé, la pourpre foncée du Lion des Batailles et de l’Empereur du Maroc. De toutes ces corolles à demi ouvertes ou pleinement écloses s’exhalent des parfums aussi variés que les formes et les tonalités de chaque espèce : odeurs musquées qui rappellent l’Orient, odeurs mourantes et alanguies, haleines suaves comme celle de la vigne en fleurs, voluptueuses comme des baisers, légères comme le premier souffle du printemps. L’œil et l’odorat sont grisés ; et dans la vibrante clarté estivale, un confus murmure d’abeilles, de bourdons et de cétoines dorées fait un harmonieux accompagnement à la musique chantante des arômes et des couleurs.

1902 RdlH - Catalogue p39A_wpEn ce vaste terrain admirablement approprié à la culture des roses, chaque série est artistement groupée. D’abord, à fleur du sol, les espèces rampantes, puis les buissons, les rosiers à hautes tiges et enfin sur les arceaux prolongés des tonnelles toute la tribu des roses grimpantes. Il y a le coin des roses-thé, celui des roses remontantes, celui des rosiers de l’Inde, du Japon ou de la Chine, et aussi la plate-bande réservée pieusement aux rosiers aimés de nos pères et maintenant presque démodés : — roses à cent feuilles, roses moussues, roses de Damas ou de Provins. Enfin tout un espace est consacré aux églantiers destinés aux greffes et dont les espèces indigènes ou exotiques offrent une infinie variété de formes, de feuillages et de fleurs. À côté de la collection horticole, il y a la collection botanique, infiniment curieuse et riche, aménagée en vue des études de croisements et d’hybridations.

Le propriétaire de ce paradis des roses, M. Gravereaux, est un sage. Après s’être retiré des affaires, il a voulu utiliser royalement ses loisirs et s’est voué au culte de la reine des fleurs. Sur le tard, il s’est mis à piocher sérieusement la botanique et à grands frais il a créé cette roseraie, maintenant en pleine prospérité, où il a rassemblé plus de 6 000 espèces provenant de toutes les parties du globe. Comme l’a dit si justement le président de la Société nationale d’Horticulture, M. Viger, ancien ministre de l’Agriculture, « on ne peut que féliciter le commerçant intelligent et laborieux qui sait faire un aussi gracieux emploi de sa fortune et qui limite son ambition à inscrire son nom dans un chapitre utile et charmant de l’histoire de la République des Roses ».

1902 RdlH - Catalogue p54_wpChargé en 1901 par le ministre de l’Agriculture d’une mission ayant pour objet l’étude des roses des Balkans, M. Gravereaux a parcouru la Serbie, la Bulgarie, les environs de Constantinople et une partie de l’Asie Mineure. Dans ces régions où depuis un temps immémorial on s’est livré à la culture des rosiers à parfum et à la production de l’essence de roses, il a recueilli une importante collection des plantes sauvages du genre Rosa et il a rapporté de précieux documents sur les procédés employés dans les Balkans pour la distillation de l’essence. L’étude à laquelle il s’est livré lui a permis de divulguer certains procédés spéciaux de culture, qui favoriseront, il y a lieu de l’espérer, le succès de cette industrie en France et dans nos colonies. Il semble, en effet, que le moment est venu pour la France de s’assurer la fabrication d’un produit dont elle fait elle-même la plus grande consommation.

1902 RdlH - Catalogue p91A_wpAprès tant de généreux efforts, suivis de si féconds résultats, M. Gravereaux a voulu aujourd’hui mettre sous les yeux des collectionneurs et des horticulteurs les résultats de ses études et de ses recherches ainsi qu’un catalogue détaillé de ses magnifiques collections. L’ouvrage, enrichi de fraiches aquarelles, de lavis et de dessins à la plume, se divise en trois parties. La première comprend la description et la nomenclature des rosiers sauvages; — la seconde contient le catalogue raisonné de la collection horticole des roses de jardin; — la troisième enfin a trait aux rosiers sarmenteux (sauvages et horticoles). L’auteur a bien voulu me charger de présenter au public ce précieux et intéressant florilège de roses. Cette mission m’est d’autant plus douce qu’elle me donne l’occasion d’acquitter un devoir de gratitude. Si, comme on l’a dit, celui qui plante un arbre est un bienfaiteur de l’humanité; il nous faut placer au même rang celui qui crée une rose, car il nous donne la sensation rare de la Beauté. M. Gravereaux est un de ces créateurs et de ces initiateurs, et à ce titre je suis heureux de lui témoigner ici la reconnaissance des poètes et des artistes.

15 octobre 1901.

ANDRÉ THEURIET, de l’Académie française


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Jules Gravereaux a extrait de son catalogue de 1902 une table analytique et un index alphabétique dont il a fait une publication additionnelle :

Nomenclature extraite de l’ouvrage « Les Roses cultivées à L’Hay en 1902 ». Roseraie de L’Hay. Paris : impr. Lahure, [1902].
53 p. : ill., relié; 25 cm.